Mercredi 22 juillet 2009 3 22 /07 /Juil /2009 09:46
Voilà, c'est fini...
De retour en France depuis une semaine, je me retrouve dans un état d'esprit bizarre, mélange de nostalgie et de bonheur des retrouvailles.
Beaucoup me demandent si je suis déphasée. Pas vraiment. Toujours cette sensation de n'être partie que quelques semaines et de retrouver mes choses comme je les avais laissées. C'est vrai que cette année, j'ai adouci la coupure en venant en France pendant les congés d'avril.
Tout de même en deux ans certaines choses ont changé ici, même si pour l'instant je ne perçois que des détails: au rayon musique, plein de nouveaux artistes que je ne connais pas, la signature électronique pour le contrat de mon nouveau téléphone portable... Au fil du temps, je vais donc redécouvrir mon pays. J'ai la chance de pouvoir être en vacances, ce qui permet une reprise en douceur. J'ai déjà été affectée à un poste pour la rentrée, je vais faire des remplacements comme je l'avais demandé. Donc de ce côté là, pas de recherche de boulot comme la plupart de mes collègues volontaires de retour au pays.
Beaucoup de ceux qui rentrent témoignent qu'ils ont du mal de revoir les gens pressés, fermés, qui ne saluent pas... Moi, bizarrement, je ne ressens pas ça. Je crois que quelque part, je suis soulagée de me retrouver anonyme parmi les anonymes. Au Cameroun, c'était différent, j'étais une "identité remarquable" je ne pouvais pas passer inaperçue.Parfois ça me pesait un peu, surtout quand je devais entendre "la blanche, la blanche" à longueur de journée et de route. Donc ici, je suis plus tranquille.
Il est peut-être un peu tôt pour faire le bilan de mon séjour au Cameroun. Toutefois, quand je regarde mon passage là-bas, surtout au vu des témoignages de reconnaissance des derniers jours à Bafia, je crois qu'il n'a pas été inutile. Je peux repartir le coeur en paix, avec la satisfaction d'avoir accompli quelque chose, en lançant le service pédagogique pour le diocèse de Bafia.
La veille du départ, une messe d'action de grâces pour ma présence à Bafia a été célébrée par l'Abbé Louis (mon curé et patron). Beaucoup de personnes était présentes: les proches, les moins proches et même des gens de la paroisse que je ne connaissais pas. Cela m'a beaucoup touchée. Ainsi que tous les cadeaux que j'ai reçu. Cela prouve que j'ai sans doute marqué les esprits, et c'est ça sûrement le meilleur cadeau qu'ils ont pu me faire.
Une nouvelle fois, j'ai donc envie de chanter ce chant Bafia d'action de grâces, que j'ai entonné à la fin de cette messe (à la grande joie de tous...):
Tata bel son tera rekem e
Tata bel son tera rekerm e
Kan bel son tera rekem
Le ou re la lam ou re la lam ou re la lam e
Kan bel son tera rekem

Par Adeline Henry
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Jeudi 11 juin 2009 4 11 /06 /Juin /2009 20:01

Et une année scolaire qui se termine, comme toutes les autres. Sauf que celle-ci a un goût particulier, celui d’un contrat tirant sur sa fin, d’une page de ma vie qui se tourne puisque après ça je reviens en France retrouver ma vie d’avant. Mais qui ne sera plus la même pour tellement de raisons.

Contente de rentrer, retrouver ma famille, mes amis, tout ce qui m’a manqué pendant deux ans (chocolat, fromage …) mais pas que la bouffe : retrouver mon métier, avec les enfants cette fois car décidément les adultes sont plus difficiles à gérer…, une certaine organisation de vie que je ne pouvais pas avoir ici, des sorties (cinéma, restau, bars où on ne sert pas que la bière ou des sodas…). Et puis simplement recommencer autre chose, partir sur de nouvelles bases, changer quoi.

Contente donc… mais des appréhensions tout de même : comment va se passer la réintégration dans un milieu déserté depuis deux ans(en dehors des congés qui sont de toute façon complètement différents de la vraie vie) ? et toutes les démarches administratives pour me réinstaller ? et le métier d’enseignant qui paraît-il  a tellement changé en deux ans, et en négatif : toujours plus de travail, d’enfants difficiles et/ou en difficulté à signaler, s’occuper, souvent à la place des parents…

Et puis mon cœur qui va se déchirer ce 14 juillet jour de mon vol pour la France. Une bonne partie, la meilleure, mon homme va rester à Bafia, même si c’est provisoire et qu’on va tout faire pour se retrouver et faire notre vie ensemble.

En tout cas le mieux c’est de vivre au jour le jour, profiter des moments passés ensemble, profiter aussi de tout ceux que j’ai rencontrés à Bafia et ailleurs, profiter des bananes plantains, des mangues, des ananas, du couscous de maïs…

Par Adeline Henry
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Samedi 30 mai 2009 6 30 /05 /Mai /2009 17:01
Attention, grande première! Enfin, je ne vais plus appréhender la question que l'on me pose tout le temps et qui me mettait mal à l'aise à chaque fois : "Est-ce que tu connais tourner le kepen?" Jusqu'à il y a quelques jours, obligée de répondre par la négative, je ressentais ce petit moment de honte: après deux ans à Bafia, je ne connais toujours pas tourner le kepen. Pire, quand je servais ça à des amis: "C'est toi qui l'as fait?", je n'osais pas répondre comme la nana de la publicité: "c'est moi qui l'ai fait" et je devais piteusement avouer que j'avais dû sous-traiter.
Maintenant, les choses ont changé, je peux crier fortement et fièrementsur tous les toits de Bafia: "oui, ça  y est, le kepen n'a plus de secret pour moi!
Mais me demanderez-vous, c'est même donc quoi le kepen? et ça fait quoi de le tourner? Petite leçon de culture gastronomique Bafia donc. Le kepen est le couscous de maïs, appelé aussi boule de maïs, LE plat traditionnel de Bafia. Savoir le préparer (le tourner, comme vous allez bientôt le comprendre) est symbole d'intégration réussie. Les gens sont trop contents et trop fiers de voir que la blanche sait faire ça.
Recette donc: on achète le maïs en grains de 400F au marché, on l'emmène au moulin pour le moudre (100F). De retour à la maison, on tamise pour séparer le son de la farine. On lave bien bien le son pour enlever les impuretés et on fait bouillir de l'eau dans une grande marmite (normalement au feu de bois, mais pour les gens trop modernes comme nous le gaz peut donner). On garde un peu d'eau bouillante et on faire cuire le son dans le reste. Là, il faut commencer de "tourner" pour ne pas faire de grumeaux. Petit à petit on ajoute de l'eau qu'on avait gardé. Quand c'est déjà bien épais, on ajoute la farine, plus fine qui cuit très vite. Etl à ça devient sportif, les muscles des bras sont mis à contribution: on doit sans arrêt tourner en évitant de recevoir le maîs brûlantsur soi. Bon après, on fait les boules avec une petite calebasse et ses petites mains (j'avoue, j'y arrive pas c'est trop chaud). Et on sert, avec le bitosso souvent (genre d'épinards) ou les feuilles de manioc.
Voilà vous savez tout. Les Bafia aime trop manger ça. C'est un plat hyper nourrissant, mais ils peuvent parfois en manger 5 ou 6... ça cale bien le ventre. Pour pas cher en plus
C'était donc la page cuisine du jour. Merci belle-maman pour l'initiation et merci mon homme à moi pour l'assistance dans les exercices pratiques!!
Par Adeline Henry
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Jeudi 19 mars 2009 4 19 /03 /Mars /2009 16:05
Ce qui me pèse le plus ici, c'est de ne pas pouvoir sortir sans me faire interpeller: "la blanche, la blanche"ou "la wat" (white, blanche en anglais) de manière plus ou moins irrespectueuse. Quand je suis de bonne humeur, je réponds "le noir!" sinon, j'ignore et continue ma route.
Heureusement voici une parole d'enfant de maternelle qui compense tout ça: ça se passe à Yoko, école du diocèse la plus éloignée de Bafia. Le premier jour, visite des classes comme d'hab. Le second, animation pédagogique. Lors d'un entretien avec la maîtresse de maternelle où on insistait sur l'importance de faire parler les enfants (ici ce sont surtout les maîtresses qui parlent), voilà qu'elle me relate la discussion qu'elle a eue avec ses élèves la veille, après mon passage:
L'élève: "Pourquoi la maîtresse qui était là (c'est moi) est déjà partie?"
Une autre: "La maîtresse-ci est comme ma poupée!"
La maîtresse: "Ah bon, pourquoi?"
L'élève: "Parce qu'elle a les cheveux lisses, les yeux comme des perles, et la peau blaaaanche comme ma poupée."
Plus poétique n'est-ce pas?
Par Adeline Henry
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Jeudi 19 mars 2009 4 19 /03 /Mars /2009 15:18
Cette semaine, plus précisément du 17 au 20 mars, il ne fallait surtout pas tenter de voyager à Yaoundé... sauf si l'on aime les embouteillages ou la marche à pied. Ou sauf si l'on ne voulait pour rien au monde rater "the" événement de l'année au Cameroun : les premiers pas de Benoît XVI sur la terre d'Afrique.
En ce qui me concerne, j'ai trouvé plus confortable de voir tout ça devant la télé. Parce que moi, rester des heures à attendre sous le soleil pour espérer entre-apercevoir le pape, et encore, de loin, ce n'est pas ma tasse de thé, ni mon verre de matango.
On a eu un jour férié dans les écoles du diocèse et donc au Seduc où je travaille: c'était pour permettre aux enseignants de voir la messe à la télé. Donc, me voici installée devant la CRTV, télévision nationale. A moins de débarquer d'une autre planète, impossible de feindre d'ignorer l'événement, on ne parle que de ça depuis une semaine. Avant-hier l'arrivée àl 'aéroport, hier les reportages sur toutes les étapes de la journée du Saint-Père, aujourd'hui la messe pontificale. Partout des gens heureux, des poignées de main, des échanges de cadeaux, des cérémonies, du protocole (tout ce qu'on aime ici au Cameroun).
Ce qui est étrange, pas un mot sur les polémiques qui remplissent les journaux en France concernant les propos du pape...
Par Adeline Henry
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Mercredi 4 mars 2009 3 04 /03 /Mars /2009 20:16
"Ton blog nous manque" "Mais c'est comment avec ton  blog?" "Au fait, vous écrivez toujours des articles sur votre blog?". La dernière réplique est celle du curé de Ngoro, village perdu en pleine brousse, mais qui a pourtant internet dans son presbytère... cocasse, non?
En tout cas toutes ces questions et ces rappels me rafraîchissent la mémoire. Mais oui, bon sang mais c'est bien sûr, mon blog! Aïe aïe aïe, honte sur moi vraiment. Mais j'avais prévenu, dans mon dernier article, qu'il risquait d'y avoir des retards et des longues absences...
Bon alors voilà un bout de ma vie à Bafia puisque vous insistez. Toujours plein de voyages pour le travail et les tournées pédagogiques. Cette fois-ci nous sommes partis à Ngambé-Tikar à plus de 4 heures de Bafia (je rappelle qu'ici on ne parle pas en km mais en heures de voyage). Ce n'est pas aussi long qu'on ne le pensait, il faut dire que la piste a été râclée à plusieurs endroits et est donc convenable. En plus la saison sèche (même si on a déjà quelques pluies) évite la boue et les grosses flaques imprévisibles.
Là-bas nous sommes accueillis comme des rois. Pensez donc, le Seduc de Bafia n'était pas arrivé là depuis des années! Moments conviviaux de partage avec les enseignants et le curé de la paroisse (c'est la paroisse qui gèrel'école), rencontre de Sr Simone , une alsacienne qui est au Cameroun depuis 40 ans et grâce à qui j'ai mangé une fondue bourguignonne le mardi soir au fin fond de la brousse africaine... un régal. On serait bien resté un peu plus longtemps, mais il fallait enchaîner les animations pédagogiques ailleurs dans le secteur.
Ce week-end, voyage encore, mais pour le tourisme. On se retrouve avec des amis DCC à Makak chez Stéphane, histoire de changer d'air. Et dimanche, fête de la femme oblige, toutes les filles en pagne de la femme! Tous les ans un tissu sort à l'occasion de cette fête. Cette année, j'ai décidé de me faire une tenue dans ce tissu, plus précisément un cabas, un robe un peu large, très confortable(surtout quand on a pris quelques kilos comme moi...). Donc ce jour là, les hommes aux fourneaux!
Encore un voyage en vue. En avion cette fois. Congésde Pâques en France, histoire de revoir la famille et commencer quelques démarches pour mon vrai retour. Comme faire des voeux pour mon prochain poste à l'Educ nationale... et oui il va bien falloir se remettre à bosser!

Par Adeline Henry
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Mardi 18 novembre 2008 2 18 /11 /Nov /2008 12:43

Je sais que certains d’entre vous guettent désespérément ne serait-ce qu’un semblant de petit bout de morceau d’article sur ce blog depuis !

J’avoue que ma vie personnelle et professionnelle occupent tellement mon temps pour l’instant que je ne passe plus que quelques heures voire quelques minutes chez moi dans l’après-midi pour me permettre de me connecter à internet (quand la connexion est là), lire mes messages, faire les quelques travaux que j’ai à faire, et en dernier lieu m’occuper de mon blog.

Il faut dire aussi que je manque d’inspiration ces temps-ci. Côté travail, je risque de me répéter, côté perso, justement c’est perso… alors…que dire ? J’ai quand même une chose que je voulais partager. Dans ma nouvelle organisation de vie, j’ai l’occasion le soir d’aider deux enfants à faire leurs devoirs. Ca me fait vraiment du bien car je sens que le contact et l’enseignement avec les enfants me manquent et là en plus je peux faire mon travail en individuel comme j’aimerais le faire souvent. Pourtant ce n’est pas facile. Un des deux est en CE1 sans savoir lire et écrire, parlant difficilement le français. Mais ce qui est encourageant et qui me pousse peut-être à raconter cette histoire, c’est que déjà au bout de deux mois, on sent des progrès : il devient capable de me dire de quoi a parlé la leçon du jour, commence à retenir les leçons, s’intéresse de plus en plus à la lecture en passant son temps libre à feuilleter le manuel de CP que je lui ai prêté.

Il n’y a rien de plus gratifiant pour un enseignant que de voir chez son élève quelque chose grandir et s’épanouir à la suite de son enseignement. C’est ce qui nous pousse sans cesse à continuer malgré la fatigue, le découragement, à repartir au travail le lendemain d’une journée épuisante. Pour moi, ça confirme que ce métier est le mien (car j’ai pu en douter à un moment) et que je n’ai donc pas fait fausse route jusque là.

Comme on dit, l’appétit vient en mangeant, l’inspiration donc en écrivant sans doute. J’espère vraiment continuer de partager ce que je vis sur ce blog, pardonnez d’avance les retards et les trop longues absences.

Par Adeline Henry
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Mardi 16 septembre 2008 2 16 /09 /Sep /2008 16:05
Bientôt un mois que je suis rentrée...
A peine arrivée, le boulot a commencé sur les chapeaux de roue: deux sessions de pré-rentrée à organiser, pas le temps de déballer entièrement les valises. D'ailleurs même au jour d'aujour'd'hui, elles traînent dans ma chambre à moitié pleine, en attendant mon déménagement qui traîne lui aussi... Et oui, cette année je vais aller vivre au dessus de la cathédrale; après avoir voisiné avec l'évêque, me voici voisine de Dieu... je monte en grade!
Côté travail donc, je n'ai pas chômé: formation des directeurs d'école sur les thèmes du projet éducatif, de la psychologie de l'enfant, du rôle d'un directeur; la semaine suivante rebelote avec les enseignants du niveau 1 (Sil et CP, équivalent de notre cycle 2) sur le thème de la lecture... moi qui n'ai jamais enseigné en CP, je n'ai jamais autant potassé le sujet. Le plus énervant, dans ces formations, c'est de s'apercevoir que certains de ces adultes, qui sont censés être des éducateurs, sont aussi irresponsables que desenfants: on se sert copieusement au repas et du coup les derniers à se servir n'ont presque rien; on fait pareil avec le matériel fabriqué ensemble le dernier jour... la prochaine fois, c'est moi qui distribuerai... Mais bon, ne nous décourageons pas, je pense que le positif l'emporte sur le négatif et surtout ils ne sont pas tous comme ça.
Puis la rentrée, la vraie, est arrivée le 8 septembre. je dis la vraie, disons l'officielle, car dans les écoles, les inscriptions se font sur 15 joursavant d'avoir les classes entières. Les cours commencent donc avec du retard dès le début. Et c'est dur de changer les mentalités: les parents envoient leurs enfants quand ils veulent, si une grand-mère veut garder ses petits-enfants un peu plus longtemps au village pour l'aider aux champs, tant pis pour la rentrée!!
Mais bon "on va faire comment"...
Comme on laisse les enseignants le temps de se mettre en place, nous au bureau on n'a pas grand chose à faire, si ce n'est préparer la première tournée pédagogique qui débute fin septembre.
Allez, une petite photo de l'école maternelle refaite à neuf pendant les congés:
Par Adeline Henry
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Mardi 19 août 2008 2 19 /08 /Août /2008 14:02
6 semaines, ça passe vite!
Surtout quand on a une année de rencontres, de promenades, de discussions, d'embrassades à rattrapper.
On m'a souvent demandé si je n'étais pas trop dépaysée de rentrer au bercail. En fait, non, pas du tout. De retour à Vesoul, chez moi, j'avais réellement l'impression de revenir après 15 jours de vacances... Sentiment étrange qui vient confirmer que finalement, un an, ce n'est pas si long. Certes quelques boutiques ont changé, quelques personnes ont grandi (pour les plus jeunes) ou vieilli (pour les autres), des événements se sont passés, des proches ont disparu (très peu heureusement, mais surtout mon oncle Jean-Claude) d'autres ont vu le jour (Aubin, Clément, Charlotte, Héloïse que j'embrasse ainsi que leurs parents), mais au fond la vie reste la même.
On pourrait croire que mon choix de vivre en Afrique viserait à fuir la société de consommation et donc que mon retour momentané dans la-dite société m'en dégoûterait encore plus. Que dalle, surtout si on considère mon premier jour à Paris passé à faire les boutiques avec ma soeur. Tout ça pour dire que je ne pense pas être de celles qui ne jurent que par l'Afrique, son mode de vie traditionnel loin de toute préoccupation consumériste. D'abord parce que ce n'est pas tout à fait la réalité au Cameroun (même s'il n'en est pas au niveau des sociétés occidentales faute de réel pouvoir d'achat,  ce pays et ses habitants commencent à être bombardés de publicités et produits en tout genre à commencer par les "chinoiseries"). Ensuite parce que je me sens bien dans mon pays, comme je me sens bien au Cameroun.
Je crois que ce retour aux sources m'a permis de découvrir ou du moins confirmer que j'ai une bonne capacité d'adaptation. Heureusement, quand je pense à tous les compromis et les situations où je dois prendre sur moi au Cameroun, concernant  les horaires mais surtout l'organisation (plus qu'hasardeuse parfois). Ceux qui me connaissent voient de quoi je veux parler. Et je suis la première à m'étonner cette attitude ou aptitude "caméléonesque".
Dans trois jours, retour à la case départ. Alors, contente de repartir? me demande-t-on souvent. Oui, contente: contente de relancer l'année scolaire avec mes collègues, les directeurs d'école, les enseignants même si la route est longue et rude; contente de retrouver celui qui m'attend et qui m'est si cher, même si notre route à tous les deux risque d'être longue et semée d'embûches...
Par Adeline Henry
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Lundi 21 juillet 2008 1 21 /07 /Juil /2008 11:22
Après cette courte interruption, voici la suite tant attendue de mes périgrinations camerounaises de fin de première année.
Dimanche 29 juillet: Départ pour Douala, ville terrible : chaleur humide (qui m'a pourtant moins dérangée que lors de mon séjour en janvier) et surtout circulation infernale: voitures, pousse-pousse, poétons et surtout motos-taxis pétaradant dans tous les sens, zig-zagant entre tout le reste, au risque de se cogner les genoux (ou pire) contre les autres véhicules. La jungle en pleine ville quoi!
Mais bon, je garde un excellent souvenir de ce séjour, par les personnes rencontrées ou retrouvées et c'est ça le plus important.




























Mardi 1er juillet: retour à Bafia.
Ouf, enfin au calme quelques jours avant de prendre l'avion me direz-vous. Que dalle! Me voilà en plein dans les derniers préparatifs de notre mini-camp COLA, organisé pour les enfants en situation difficile. Objectif: leur redonner espoir et confiance en l'avenir en leur proposant ce temps d'accueil, d'écoute, de jeux et de fête, pendant deux jours et deux nuits au collège Sabaya (du 4 au 6 juillet).
Extrêmement fatigant pour moi (je sais pourquoi j'ai toujours préféré les centres de loisirs sans hébergement aux colonies de vacances au temps de mon BAFA...), surtout que l'organisation à la camerounaise, aïe, aïe, aïe!! Tout à la dernière minute. Bref, l'important, c'est que les enfants aient passé un bon moment, qu'ils aient pu se retrouver, jouer, danser et bien manger pendant deux jours. Au final vraiment, c'était positif. On remettra ça l'an prochain certainement. Vous pourrez voir les photos dans l'album à droite.

Lundi 7 et mardi 8 juillet:
Deux jours dans les valises, le ménage et les au-revoirs. En plus des valises pour les congés, il a fallu que je vide ma chambre pour qu'elle soit dispo pour les nombreux groupes venant au centre Paul VI cet été. De toute façon, à la rentrée, je déménage! je quitte l'évêché pour la cathédrale (toujours plus près de Dieu!!), dan sun chouette appartement, plus indépendant.

Mercredi 9 juillet:
Départ de Bafia pour Yaoundé: dernières courses cadeaux, dernières visites aux amis, puis direction l'aéroport. Décollage à 22h30 heure locale (23h30 heure française). Mes premières impressions sur le sol européen (Bruxelles puis Paris) au prochain épisode.
Par Adeline Henry
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