De la Fête Dieu

Publié le par Adeline Henry

Le week-end dernier, grands moments pour les chrétiens de la paroisse cathédrale de Bafia. Le samedi, près de 60 jeunes et enfants se faisaient baptiser. Le lendemain, les mêmes et d'autres encore faisaient leur première communion. Et juste avant cette messe, c'était la procession du Saint-Sacrement, qu'on appelle aussi la Fête-Dieu: il s'agit de "promener Jésus"  (en fait le récipient contenant l'Hostie consacrée représentant Jésus) hors de l'Eglise pour un tour dans le quartier avec plusieurs stations.

















J'avais toujours le souvenir de ma mère me racontant ce genre de procession dans son village étant enfant. Aujourd'hui, cela ne se fait plus chez nous. Donc pour moi, c'était en quelque sorte une première. Je suivais la procession avec ma chorale (on était au bout à la fin) et on en a profité pour chanter plein de chants, surtout des chants en langue locale (bafia ou autre), pendant deux heures environ. Mais on ne trouve pas le temps long, malgré le soleil qui commence à taper en ce milieu de matinée. L'assemblée est immense, c'était vraiment impressionnant, nous qui étions à lafin, on ne voyait pas le début, composé de la chorale des "mamans" (des femmes) qui elles aussi chantaient à c(h)oeur joie.



Après ça ce n'était pas fini, il y avait la messe de 11h, avec les premières communions, que notre chorale animait. Et nous voilà partis pour près de deux heures trente de messe!!! Mais toujours dans une ambiance de folie, surtout à la fin, quand on chante des chants d'action de grâce et où les choristes invitent les communiants à danser, au son des youyous des femmes (le genre de cris stridents que l'on émet pour manifester la joie). Déjà la veille, pour les baptêmes, on avait tout fait péter, même le prêtre, pourtant quelqu'un de très guindé au départ s'est lâché en dansant devant tout le monde,  jouant de son aube comme des ailes d'un oiseau...
Et il fallait voir les tenues des petites filles qui rivalisaient de beauté, frous-frous et compagnie, parfois des vraies robes de mariées, sans oublier les coiffures sophistiquées, la belle chaussure toute neuve... Une choriste disait pour blaguer en les voyant entrer en procession dans l'église: il y en a bien pour 10 millions! (de francs CFA soit environ15 000 euros) et à mon avis, cen'est pas loin de la vérité, quand on pense aussi à tout le "gombo" (le fête) organisée après dans les maisons. Ici, on ne fête pas à moitié.  Ca peut choquer quand on connaît la pauvre situation des familles ici etnotre petite tête d'européens rationnels s'offusquerait de voir tout cet argent dépensé au lieu de le garder pour la nourriture, la santé ou l'école. Et c'est vrai que le paradoxe est là: un jour, on n'a pas 50 F pour acheter un peu de manioc, le lendemain, on organise la pire fête avec une tonne d'invités. Mais voilà, les occasions sont rares de se réjouir, alors quand ça arrive on met le paquet. Même si ça nous dépasse, c'est la culture et le contexte qui veut ça, a-t-on le droit de juger??
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H
bonjour Adeline,<br /> j'ai besoin de votre aide s'il vous plait, pourriez-vous m'aider à retrouver un ami que j'ai perdu de vue ? Il s'agit d'un Camerounais qui vivait à Douala et qui est pilote de ligne, mais je crois que sa famille est d'origine de Bafia ??? je vous remercie pour votre aide et votre gentillesse.<br /> A bientôt de vous lire, <br /> et je vous félicite pour votre blog très bien fait,<br /> <br /> Hélèe
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