De l'aventure à Yoko

Publié le par Adeline Henry

J’ai déjà eu l’occasion à multiples reprises de raconter mes périples vécus lors des différents voyages effectués depuis mon arrivée. Je crois que les trois jours que je viens de vivre surclassent tout ou alors fait la synthèse de tout ce que j’ai déjà pu vivre.

Le contexte d’abord : Yoko est un gros village, chef-lieu d’arrondissement, situé à presque 300 km au nord de Bafia. Il fait partie du diocèse de Bafia mais est tellement éloigné que l’école qui est là-bas est en quelque sorte autonome, gérée par la paroisse et les parents et ne fait pas partie de notre domaine d’action pédagogique, c’est pourquoi nous ne l’avons jamais incluse dans nos tournées habituelles.

Le SEDUC (Secrétaire à l’Education, mon patron quoi), ayant décidé d’aller visiter l’école et la paroisse, c’est toute l’équipe du SEDUC (Secrétariat à l’Education cette fois) qui fut de la partie, c’est-à-dire l’Abbé Louis (SEDUC), le chef du personnel Jean De Dieu, mon collègue Rémy et moi-même ; secondés par Matthieu le chauffeur et accompagnés par un abbé de Yaoundé en visite.

Nous partîmes donc à 6 dans la Pajero du SEDUC, 3 à l’avant, 3 à l’arrière. Nous revîmes à 7, 2 à l’avant, 4 à l’arrière et une chèvre dans le coffre (Si vous n’avez jamais eu l’occasion d’entendre une chèvre bêler dans une voiture pendant toute une partie du voyage, heureux êtes-vous…)

Les grands fans de ce blog se rappelleront de mon voyage à Kribi: rentrée donc le dimanche après un voyage éprouvant car très long, me voilà prête à repartir le lendemain pour Yoko avec mes collègues, à 10h pétantes comme prévu... sous réserve que notre voiture aie enfin règlé son problème de batterie pour avoir la chance de pouvoir démarrer. A 12h le problème n'est pas résolu, mais qu'importe, il suffira de "tchouker" (démarrer en faisant je ne sais quelle manoeuvre avec les pédales...), chose que maîtrise admirablement Matthieu. Mais à 12h, coup de fil du curé de Yoko: il ne nous attendait que le lendemain... Nous décidons alors de partir dans l'après-midi, faire escale à Ntui pour dormir et rejoindre Yoko le lendemain. rendez-vous à 15 heures donc... et départ à 17h... je n'ai jamais bien compris pourquoi... Bref.
Bons allez-vous penser, 300 km, ça peut donner 4 ou  heures de route, pas plus! Ah, ne vous avais-je pas dit qu'il s'agissait de 300 km de piste, avec bourbiers, creux et bosses? ca change tout... Sans compter la nuit à Ntui,le voyage d'affilée durepas loin de neuf heures... Neuf longues heures entassés dans une voiture, le dos complètement défoncé par les soubresauts de la voiture, qui je vous le rappelle avait des problèmes de démarrage... Les voyages forment la jeunesse paraît-il; là je crois que la fatigue emmagazinée m'a bien donné un coup de vieux.
Après tout ce que je viens de dire, on pourrait penser que je garde un mauvais souvenir de ce voyage. En fait je ne regrette pas, Yoko est un beau village, entouré de collines, une mer verte tellementla forêt y est présente. Cela vaut tous les soucis de voyage du monde.

 












A la paroisse nous avons été très bien accueillis, dans un cadre enchanteur, par un Père français (c'est toujours bon de revoir et discuter avec un compatriote). Les échanges avec les enseignants ont été très intéressants, on les sentait très motivés pour être formés.














Bref, ça donne vraiment envie de repartir, l'an prochain pour une autre aventure. Et tant pis pour les derniers aléas du voyage du retour, tel cet arbre couché au milieu de la route (merci Matthieu d'avoir pensé à amener une machette)

 ou le rhume que j'ai attrapé à cause de la pluie et des fenêtres ouvertes pendant le trajet.
Prochainement donc.
 

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