De la fête de Noël (suite et fin)
Mes groupies qui ne perdent pas une miette de tous mes articles m’avaient laissé le 24 décembre à Bafia de retour du village et attendent sans doute impatiemment de savoir comment j’ai donc passé Noël sous les tropiques.
Première remarque, ici Noël ne se fête pas spécialement en famille, plutôt entre amis. C’est à Nouvel An que les familles se retrouvent pour faire le point sur l’année qui vient de s’achever et sur la nouvelle qui arrive.
En ce qui me concerne, j’avais reçu plusieurs invitations à passer la veillée ou le 25, jusqu’à l’évêque. Donc même si j’avais voulu, impossible de fêter Noël toute seule. Ca m’a vraiment réchauffé le cœur.
Pour finir, voici le programme: petit dîner avec un ami avant d’aller à la messe de minuit qui était en fait à 20h (sécurité oblige, c’est pas prudent de faire sortir les gens à des heures tardives, un soir où les beuveries en ville sont de rigueur). Pendant la messe, les 3 chorales de Bafia étant réunies, nous avons chanté dans toutes les langues de la région. Moi, j’ai suivi, les yeux rivés sur la feuille pour déchiffrer les paroles, baragouinant plus qu’articulant. Bref, je me suis battue comme on dit ici, c’est-à-dire j’ai fait comme j’ai pu. C’était bien sympathique en tout cas. Un petit aperçu :
A Bethléem zii ine Judée bi na a i bitué man à Bhei a yalé yé (A Bethléem en Judée, un enfant nous est né).
Avant la messe, les enfants avaient présenté des sketches représentant la nativité pour faire une petite veillée. Je n’ai malheureusement pas pu y assister, mais il paraît que c’était très bien.
Les enfants de chœur avaient fait une crèche dans l’église, où le Petit Jésus attendaient les offrandes des paroissiens dans un petit panier. Dehors, devant la cathédrale, le « sapin-palmier » tout décoré était bien là, les guirlandes de papier entre les arbres aussi, bref tout avait une ambiance de fête.

La messe finissant à 10h, les sœurs habitant à la cathédrale m’avaient invité à leur réveillon, où les autres communautés de religieuses étaient présentes. Qui a dit que les sœurs ne savaient pas s’amuser ?

Le lendemain, re-messe à 11h comme un dimanche, mais en plus solennel, avec processions, chants de Noël plus « occidentaux » avec notre chorale de jeunes.
Pour le repas de midi (enfin 13 ou 14H, après la messe), j’étais cette fois invitée par un ami prêtre, le vicaire général SVP, à la mission catholique de Lablé, village juste à côté de Bafia. Après quelques heures d’attente, la voiture du père Zacharie ayant crevé en allant chercher des sœurs à Ombessa, j’arrive enfin pour le repas et la fête vers… 17h. Là encore, grosse ambiance.

Voilà comment j’ai passé mon Noël à Bafia. Rien à voir avec Noël en France, mais c’était plaisant. J’ai bien sûr eu une grosse pensée pour toute ma famille qui vivait cette fête de leur côté sans moi, mais à eux je leur dis à l’année prochaine !!
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